La médecine chinoise

La consultation en médecine traditionnelle chinoise

photo13La médecine chinoise ne se définit pas seulement comme un art de guérison. La santé n’y est pas envisagée comme l’absence de maladie déclarée, mais comme un état d’équilibre physique et mental. Préserver et épanouir les forces physiques et les facultés mentales, vivre longtemps et sainement est déjà, deux siècles avant Jésus Christ le but avoué du plus ancien traité chinois de médecine, le Huang Di Nei Jing Su Wen, qui, sur le mode analogique pose les questions fondamentales: « faut-il attendre d’être en guerre pour forger des armes, faut il attendre d’avoir soif pour creuser un puits?». La médecine chinoise donne à chacun les moyens de réaliser ce but, par une connaissance des mécanismes intimes du vivant, fondée sur l’observation directe des phénomènes et de leurs cycles.


«Basée sur la notion d’énergie vitale, le «Qi», la médecine chinoise, est un vaste système de connaissances structuré. Elle envisage la santé comme le fruit de l’équilibre des courants d’énergie qui traversent le corps dans les fameux méridiens (ou canaux) d’acupuncture. La médecine chinoise parle un langage issu d’une culture différente. Depuis 1978, l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu l’acupuncture comme une thérapeutique efficace capable d’apporter des réponses dans de nombreuses pathologies. En fait, il s’agit d’un système universel, qui inclut une description précise des fonctions physiologiques de l’homme, et des facteurs susceptibles de les dérégler ». (Extrait de ABC de la médecine chinoise » de Christophe Labigne, Grancher éditeur).

 

L’examen en médecine chinoise

L’investigation des symptômes se fait selon les quatre temps de l’examen :

  • l’observation (teint, yeux, manifestations cutanées…),
  • l’audition (voix, bruits du corps, toux…),
  • la palpation (zones sensibles, pouls…),
  • l’interrogatoire (sensations et douleurs, habitudes alimentaires, problématiques sociales, professionnelles, individuelles…).

Tout signe relevé fait sens et doit être intégré par le praticien dans un modèle de compréhension global. L’examen traditionnel est essentiel pour déterminer la stratégie d'action.


Après avoir recueilli les symptômes significatifs au cours des quatre temps de l'examen, le praticien pose un bilan énonçant le type de déséquilibre en cause. Ainsi, le principe est simple : le praticien de Médecine Traditionnelle Chinoise ayant rendu compte, au travers de son bilan de santé, des facteurs pathogènes et des potentiels sains en présence, pourra utiliser les énergies véhiculées par tels ou tels produits de phytothérapie, telle ou telle combinaison de points d’acupuncture, telles ou telles manœuvres de massage pour rééquilibrer celles de son consultant, ou encore lui conseiller des exercices respiratoires et gymniques spécifiques. Ces différents moyens ont tous pour but commun de dissiper les facteurs pathogènes et de renforcer les énergies saines.

 

Les soins en médecine chinoise

L’éventail des moyens d'action de la médecine chinoise traditionnelle, loin de se résumer à l’acupuncture, peut être divisé en deux grandes catégories:

  • Les soins externes, apportés par le thérapeute d’une part, et les méthodes d’auto-soins d’autre part. La première catégorie comprend la pharmacopée, la diététique, les massages, et l’acupuncture. Les méthodes d’auto-soins correspondent aux exercices gymniques et respiratoires, et aux auto massages.

 

Les Massages chinois: An Mo et Tui Na

Le massage chinois est loin de se résumer à la simple digito-pression des points d’acupuncture. Le massage An Mo-Tui Na est composé de manipulations qui requièrent beaucoup d’entraînement et nécessitent une connaissance précise des mécanismes induits.


«Le massage est considéré en Chine comme un art thérapeutique à part entière. Il existe une trentaine de manœuvres fondamentales répertoriées par les universités de médecine chinoise, auxquelles s’ajoutent de nombreuses variantes et adaptations en fonction de la zone traitée ou de l’effet particulier recherché. De telles manipulations peuvent s’appliquer sur toute une région anatomique, ou plus spécifiquement sur les points d’acupuncture». (Extrait de «La main de Soie», Ch. Labigne, éditions du Dauphin).

 

L'acupuncture traditionnelle

photo24Que se passe t’il lorsqu’un thérapeute insère une aiguille en un point d’acupuncture ? Comment agit-elle ? Ce mode de soin reste un mystère aux yeux de bon nombre d’occidentaux. Alors que nous multiplions les interventions chirurgicales et les traitements bio-chimiques, les chinois soignent depuis des millénaires la plupart des pathologies de médecine interne ou externe en insérant des aiguilles en des points précis du corps. L’acupuncture vise, par l’insertion d’aiguilles en des points choisis, à rééquilibrer les champs énergétiques qui alimentent les organes et tous les tissus (peau, muscles, tendons, os) afin d’éliminer les agents pathogènes et de renforcer les ressources naturelles.


«Pour les praticiens en médecine chinoise, l’insertion de l’aiguille ne suffit pas. Encore faut-il après avoir «saisi le Qi» lui imprimer un mouvement en manipulant l’aiguille. Diverses techniques permettent de renforcer et tonifier le courant vital, disperser ou vider les accumulations d’agents pathogènes qui encombrent les méridiens. La connaissance précise des caractéristiques énergétiques des points d’acupuncture permet de les utiliser à bon escient. Certains sont des points d’intersection de plusieurs méridiens, d’autres encore concentrent l’Energie de tel ou tel organe etc. L’acupuncteur traditionnel dispose d’une représentation précise de l’organisation du système des méridiens et des caractéristiques énergétiques des points. Son bilan oriente vers le choix d’une prescription cohérente de points qui prend en compte les différents aspects de chaque pathologie, dans un traitement individualisé». (Extrait de ABC de la médecine chinoise» Christophe Labigne, Grancher éditeur).

 

La Phytothérapie

On pourrait à juste titre se demander quel peut-être l’intérêt pour un occidental d’utiliser des plantes venues de Chine alors que nous avons nous aussi en Occident nos propres traditions de phytothérapie. La réponse n’est pas dans une quelconque supériorité des plantes chinoises, mais dans le mode de connaissance de leurs actions sur l'énergie de l'homme.


«Chaque produit est ici décrit en termes énergétiques. Dans cette optique, c’est l’Energie de la plante qui soigne l’Energie de l’homme. Des milliers d’années d’expérience thérapeutique ont permis d’affiner la connaissance des propriétés énergétiques des plantes, ainsi que leurs associations privilégiées dans des formules, consignées et référencées par les médecins lettrés au service de l’Empire de Chine. Ce sont environ 450 plantes et produits de pharmacopée qui sont couramment utilisés par le médecin traditionnel chinois». (Extrait de «La diététique chinoise» Christophe Labigne, éditions du Dauphin)


La phytothérapie chinoise utilise les plantes dans l’élaboration de formules intégrant plusieurs ingrédients. Les plantes sont connues en termes de pouvoir d’action (réchauffant, dispersant, tonifiant…) et de lieu d’action (organes, tissus, liquides organiques, méridiens spécifiques…). La convergence de leurs qualités énergétiques permet de répondre à tous les aspects d’un déséquilibre dans un soin individualisé.
Il existe un nombre impressionnant de formules type élaborées au cours des siècles et répertoriées dans des traités anciens. Elles sont administrées sous forme de poudres, comprimés, sirops, ou décoctions. Parmi elles, certaines sont extrêmement populaires, et servent à combattre le rhume, la grippe, ou l’hépatite.

 

La Psychologie

De nombreuses cultures traditionnelles font état de conceptions élaborées concernant le fonctionnement de l’Esprit humain. Parmi elles, la tradition médicale chinoise offre une description «vitaliste» de l’organisation de la psyché. Pour la médecine chinoise, l’esprit et le corps forment un tout indissociable. Et les ressorts de l’activité psychique sont enracinés dans l’activité des organes.


La psychologie chinoise est un véritable savoir qui intègre les émotions et les comportements mentaux dans un modèle de compréhension psychosomatique. Les soins passent comme en psychothérapie par le dialogue et l’introspection, mais aussi par la relaxation, l’acupuncture, la digito pression et la pharmacopée.

 

Les pratiques de Qi Gong, les automassages

Les pratiques de mouvements corporels, de techniques respiratoires et de relaxation permettent d’ «ouvrir» les canaux énergétiques, de les désobstruer et de les tonifier afin de réinitialiser les fonctions énergétiques naturelles. L’auto-application de massages en des points de digitopressure ou sur des zones ciblées est un complément essentiel aux soins externes de nombreux déséquilibres. Les exercices et les auto-massages vous autonomisent dans la gestion de votre équilibre vital.

Mis à jour le vendredi 22 février 2013 22:50